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Depuis le mois de mars, notre pays traverse une pandémie sans précédent. Cette pandémie est d’autant plus dévastatrice qu’elle survient dans un contexte de fragilisation de notre système de santé et notamment de l’hôpital public.

Depuis des années, et plus particulièrement depuis 1 an et demi, les personnels des hôpitaux ont alerté le gouvernement sur le manque de moyens à l’hôpital, la dureté des conditions de travail, aboutissant à une moins bonne qualité des prises en charge, allant parfois jusqu’à la mise en danger des patients.

Force est de constater que ces alertes n’ont pas été entendues, les gouvernements successifs continuant de considérer l’hôpital comme une entreprise devant être rentable et leur demandant années après années de réaliser des économies (en 2019 encore, 800 millions d’euros d’économies avaient été demandé, le rapporteur du PLFSS n’étant autre qu’Olivier Véran actuel ministre de la santé).La pandémie de covid19 est devenue une crise sanitaire d’ampleur, les hôpitaux se retrouvant rapidement dépassés, le manque de lits rendant difficile l’absorption du grand afflux de malades, les personnels déjà fatigués en temps normal se retrouvant débordés, manquant de matériel de protection, mais également de respirateurs pourtant cruciaux dans cette pathologie respiratoire.

Loin d’être terminée, l’épidémie reprend progressivement sur tout le territoire, y compris dans les zones déjà sévèrement touchées lors de la première vague.La Seine-Saint-Denis a déjà payé un lourd tribut à cette épidémie. Avec +130 % de décès par rapport à la même période de 2019, notre département figure parmi les plus touchés. Au manque chronique de lits (2 fois moins de lits de réanimation par habitants qu’à Paris !), se sont ajoutés des inégalités de santé criantes et une sur-exposition des habitants au virus en raison du grand nombre de travailleurs en première ligne.

Contrairement à ce que dit le gouvernement, l’hôpital n’a pas tenu, c’est le personnel qui a résisté, dans cette situation exceptionnelle. Actuellement, 60 % des lits de réanimation en Seine-Saint-Denis sont d’ores et déjà occupés par des patients atteints du covid19, et la situation risque d’empirer dans les prochaines semaines.

Les hôpitaux peinent à assurer la prise en charge des patients habituels, dont beaucoup ont déjà été décalés lors de la première vague, posant des difficultés notamment pour les maladies chroniques, cancers, etc… A Saint-Denis cette semaine, le SMUR a du fermer une ligne de véhicule par manque de personnel.

Depuis 6 mois que dure la crise, le gouvernement n’a toujours pas pris les mesures qui s’imposent.

Les plans de fermetures de lits se poursuivent, rien n’a été fait pour en ouvrir de nouveaux notamment en réanimation, aucun plan d’ampleur n’a été lancé pour embaucher du personnel et rien n’a été mis en œuvre pour faire en sorte que ceux déjà en place ne partent pas, épuisés par la situation et le manque de reconnaissance.

Le projet de Grand Hôpital Nord, qui doit s’installer à Saint-Ouen, prévoit la fermeture des hôpitaux Bichat et Beaujon, soit la suppression pure et simple de 500 lits, représentant 30 % de ces 2 hôpitaux. Les communistes se sont toujours opposés à cette éventualité, et la crise que nous traversons illustre à quel point ce projet en l’état est une aberration sanitaire.

Nous avons au contraire besoin sur notre territoire de plus de structures de santé, sans détruire les lits déjà existants, mais au contraire en développant des structures de soins de proximité, en lien avec les hôpitaux.

Ensemble, habitant.e.s, élu.e.s, mobilisons nous pour un projet alternatif dans l’intérêt de la santé de la population.

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